Ceferino

Gens du voyage en Suisse

Nomades et Sédentaires

La rencontre est possible! Elle est même hautement profitable!

 

Echanges culturels 

Questionnement

Tous les continents connaissent en leurs territoires des peuples nomades: dans le Hoggar algérien; en Mongolie et Asie centrale; en Afrique sub-saharienne, en Amazonie. Quelques groupes se sont peu à peu sédentarisés, d‘autres continuent la vie itinérante.

Pourquoi? A la vie nomade certains peuvent sacrifier culture, carrière, confort, apparente sécurité? Au nom de quels biens plus grands?

Se poser ainsi la question est indispensable à qui s’intéresse à la rencontre interculturelle avec nos compatriotes yéniches, qui ont un autre rapport à la liberté, à la terre, à la famille, à l’amitié.

Liberté

Comme tous les Itinérants, les Voyageurs de Suisse nous rappellent que nous sommes tous pèlerins sur cette terre, en marche vers un ailleurs. Dieu a créé l’homme pour qu’il soit libre. Bien sûr, la pure liberté n’existe pas ici-bas; il s’agit de l’aménager dans les contingences de l’existence. Les Voyageurs compensent la fragilité de leur vie itinérante, peu sûre du lendemain, par des liens de famille très étroits, par une flexibilité sur le plan professionnel: les hommes savent pratiquement tout faire, de la mécanique à la marqueterie, de la construction à l’échange commercial.

Propriété

Personne ne peut se dire propriétaire de la terre: Dieu l’a créée pour être à tous les hommes. Les Gens du Voyage privilégient la nature; ils restent, de par leur vie nomade, proches des éléments, l’eau, l’air, le feu, la terre. Souvent en route, un rapport particulier les lie à la Providence.

Famille

Les liens du sang priment chez les Gens du Voyage; les enfants sont leurs biens les plus précieux. Le cousin, la cousine, priment sur le copain, l’amie, même si cela revient finalement au même, à mesure que les générations s’espacent.

Les Voyageurs conservent le sens du lien social. Ils prennent soin de leurs personnes âgées ou handicapées. Solidarité.

Un bébé qui pleure ne saurait être exclus de l’assemblée. Tolérance.

Apport à l’humanité

Les Gens du Voyage ont donc beaucoup à nous apporter des valeurs essentielles de la vie, ils nous rappellent notre finalité.

 

Echanges en Eglise 

Sens du lien et foi

La foi suppose une capacité humaine à la confiance, elle-même nourrie de liens privilégiés qui naissent et s’alimentent au sein de la famille. Les conséquences de cette attitude face à la vie sont précieuses pour la vie en Eglise: catéchèses trans-générationnelles, partages bibliques vécues entres cousins, autant de manifestations concrètes qui font rêver les responsables pastoraux, occupés à recréer un tissu social fragilisé, préliminaire de la vie en Eglise.

Sens du lien et Bible

Alors que beaucoup de sédentaires occidentaux perdent le réflexe du lien, cartésiens, coupés de leur corps et de leurs affects, victimes du zapping, au contraire, le Voyageur peut livrer toute sa personne à la Parole de Dieu.

La Bible est née en milieu nomade, avant que les textes ne se développent à Jérusalem, Alexandrie ou Babylone. Même si le nomadisme d’Abraham n’est pas celui des Gens du Voyage, ils sont sémites dans l’âme. Il en résulte un rapport à la Bible passionnant et enrichissant.

Sens du lien et pèlerinage

Le pèlerinage appartient à la piété populaire, qui alimente le dogme et lui donne chair. Entre eux les ponts sont indispensables: notre credo s’asphyxie sans manifestation sensible, de même que la piété populaire doit s’ajuster à la foi de l’Eglise.

Haute célébration de l’itinérance sur cette terre, le pèlerinage est le sommet de la vie en Eglise des Voyageurs.